Coureuse dans l’âme
Joanna Asmus
Bonjour
cher lecteur de Flying Blue Running !
Je m’appelle Joanna et suis passionnée de course à pied.
J’admets qu’écrire ce blog et me présenter en tant que coureuse n’a pas été chose facile. J’ai vu le jour aux Philippines, il y a 39 ans. Par amour pour les voyages et les pays étrangers, j’ai vécu tout d’abord aux Émirats Arabes Unis, où j’ai occupé mon premier emploi à l’étranger, un an après avoir fini mes études universitaires en Communication de masse. Un an après cela, l’Allemagne est devenue ma seconde patrie et l’est restée pendant presque 16 ans. Il y a 2 ans, une nouvelle vie et l’amour m’ont attiré aux Pays-Bas.
Ma dernière course à pied remonte à environ un mois. Mère de trois filles âgées de 12, 9 et 4 ans, je suis habituée en cette période à soigner les petits maux de l’hiver des unes et des autres ou même parfois des trois en même temps. Cette année, c’est la plus petite qui a souffert le plus et le plus longtemps et j’ai fini moi-même par être contaminée par ce même virus de la grippe, qui m’a d’ailleurs empêché de courir ce qui était supposé être mon premier 15 km à Rotterdam, le 11 décembre.
Plus tard, j’ai pris la décision pratique, mais douloureuse, de remplacer ce qui devait être mon premier semi-marathon par une course de 10 km à Egmond aan Zee. Finalement, je n’étais pas suffisamment préparée pour pouvoir courir la distance en question. Malgré le compromis que je venais de sceller avec moi-même concernant la distance, je devais avouer, le jour de la course, que je devrais sans doute devoir attendre encore un an avant de pouvoir prendre part à cet évènement.
Écrire ce blog fut difficile car je me suis rendue compte que je ne méritais pas le titre de coureuse. Comment pourrais-je sérieusement prétendre à un tel titre avec tous ces retours en arrière et toutes ces périodes où je ne suis pas allée courir ?
Heureusement, d’autres coureurs m’ont fait comprendre que cela était inhérent au débutant. Il faut apprendre à accepter les retours en arrière, les contretemps et persévérer malgré tout.
J’ai attendu presque 30 ans pour enfin réaliser mon rêve : courir. Ce ne sont pas quelques semaines supplémentaires d’attente avant d’être complètement guérie et de pouvoir m’y remettre à fond, pour tenter d’atteindre les objectifs que je me suis fixés, qui vont me décourager et atteindre mon moral !
Depuis l’été dernier, période à laquelle je me suis mise à la course à pied, j’ai couru un 5 km, un 4 miles (6,4 km), une course de 8 km inoubliable, pour Halloween, dans le centre-ville d’Amsterdam et mon tout premier 10 km, sur un stade olympique. Et tout cela en un trimestre seulement !
Cette fille, autrefois affalée sur son canapé, est en passe de devenir une véritable accro à la course à pied. Toutes ces expériences m’ont tellement donné confiance en moi que mes projets de marathon pour 2013 se sont aujourd’hui transformés en un entrainement avant l’heure pour Berlin 2012 (officiellement prévu pour septembre) !
Tant d’autres courses formidables et intéressantes m’attendent encore cette année (sans oublier mon mari !). Nous pourront choisir, au printemps, entre une course très sympa à Rome ou un semi-marathon à Liverpool et tout au long de l’année, entre de nombreuses courses régionales réputées et prestigieuses aux Pays-Bas et en Allemagne, que je considère d’ailleurs toujours comme ma seconde patrie.
Courir m’apporte des sentiments gratifiants, comme par exemple celui de liberté totale lorsque je suis dehors, respirant à pleins poumons ; cette clarté d’esprit qui me vient après avoir réussi à courir de longues distances ; la force d’esprit ressentie lorsque mon cœur bât en rythme, me faisant réaliser pleinement que je suis bien en vie !
Courir a toujours été un rêve d’enfance que je réalise aujourd’hui, à l’âge mûr. Cela me rend littéralement ma jeunesse et me connecte à ce qui était autrefois des moments d’innocence, lorsque penser que « le tout est possible » était tout à fait normal. L’un de ces vœux d’alors était celui de pouvoir se déplacer tel le vent, comme l’ancienne athlète nationale philippine, Lydia de Vega, deux fois médaillée d’or aux jeux asiatiques, deux fois championne olympique, figure de proue dans mon pays natal et personnalité inoubliable de mon enfance.
Maintenant que je fais vraiment ce dont à quoi je rêvais autrefois, je souhaite profiter de chaque minute de ces moments de course à pied. Parfois, comme lorsque je prends le temps d’écrire ce blog, je dois me rappeler de ralentir, d’y aller doucement, car profiter de la course pendant l’entrainement et sur le parcours est tout aussi gratifiant, pour ne pas dire enrichissant, que d’atteindre la ligne d’arrivée.
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